Le chiffrage américain sert à décrire un accord. Cette notation permet d’en qualifier son nom et sa nature au moyen d’une lettre, affectée – ou pas – d’une série de chiffres :

Le la du diapason est pris comme base du chiffrage américain et porte la lettre A.

La suite des accords portera donc les lettres de l’alphabet :

A = LA   B = SI   C = DO   D = RE   E = MI   F = FA   G = SOL

C7 comprend les notes do-mi-sol, non chiffrées car automatiquement contenues dans l’accord parfait, plus la 7e sib.

Si le ton est mineur, on notera m ou min. après la lettre : Am   Dmin.   F#m   Ebmin.

Cm6 comprendra donc les notes do-mib-sol (accord parfait), plus la sixte la.

Cela paraît fort simple. Alors pourquoi donc un traité de notation ? Parce que ce n’est pas si simple, en fait…

 

On omet des notes qui sonneront malgré tout par résonance, on évite d’en ajouter certaines pour épargner ses oreilles.

On n’indiquera jamais une quinte juste mais toujours une 11#. Dans les accords Majeurs, on ne frottera pas une 13e avec une 13b ou une 7Maj avec une 9b.

C9b/9+/11#/13 sera un accord à huit notes très dense, possible mais avec certaines précautions.

Pourquoi faudra-t-il faire attention à cet accord de Cm7/11#/13, qu’on peut également écrire en superposant le polyton Bb7 Maj5+   /    Cm7  ?

À moins que vous ne souhaitiez faire carrière dans la musique atonale, ne placez jamais une 9e mineure dans un accord mineur !

Et prenez note – oserais-je dire – qu’un accord Cdim.4 (11) n’est rien d’autre qu’un accord F9b, et Cdim.5+ (13b) un accord de Ab9b.

Gb7Maj/9+/11# peut également s’écrire beaucoup plus simplement avec le polyton F7  /  Gb 7Maj

 

Mais les deux accords superposés  C7  /  D7, pourtant  basiques, sont impraticables en musique tonale !

 

Pourquoi donc un traité de notation, disions-nous ?

Parce que notre étude sur le chiffrage américain est la seule qui, à ce jour, est aussi complète et constitue un véritable Traité de notation des accords.

 

En première partie d’ouvrage, nous développerons tout au long de ce traité sur le chiffrage américain l’étude des tensions possibles ou impossibles, c’est-à-dire tous les degrés rajoutés ou pas à l’accord parfait de base.

 

Les interdictions de placer de « mauvaises » tensions ne sont pas le fruit d’un caprice mais dépendent des lois acoustiques – voir notre tableau des harmoniques – et en cas d’erreur, l’accord sonnera dans le moins mauvais des cas « pâteux » et dans le pire, il nous écorchera sévèrement les oreilles.

 

Nous choisirons nos exemples dans les accords Majeurs, mineurs et diminués. Nous listerons dans des tableaux, toutes les tensions possibles ou impossibles.

Un autre tableau nous permettra d’établir une correspondance entre les chiffrages américain et classique.

 

L’étude ne serait pas complète si nous ne vous proposions de passer à la pratique. Ainsi, en deuxième partie d’ouvrage, nous vous offrirons de réaliser des exercices. Attention, il y aura quelques pièges à déjouer !

 

Et pour être parfaitement serein, au terme de la troisième partie de cet ouvrage, nous vous donnerons les solutions avec les corrigés d’exercices.

 

Auteurs

Haut